jeudi 3 mai 2007

MEGADETH - United Abominations (2007)

Depuis le retour de Megadeth en 2004 et fort d'un excellent album (The System Has Failed), Dave Mustaine comptait capitaliser le succès du groupe avec un nouvel album.

Comme pour Cryptic Writings, The World Needs A Hero ou The System Has Failed, le chanteur-guitariste semble avoir trouvé une formule idéale en mélangeant les influences thrash des premiers albums aux mélodies travaillées des disques suivants (Countdown To Extinction, Youthanasia).

Le morceau d'ouverture, l'excellent "Sleepwalker", annonce d'entrée la couleur avec ses riffs acérés et ses rythmiques endiablées qui ne sont pas sans rappeler "Blackmail The Universe". L'accent est tout de même mis sur le chant comme le démontre cet imparable refrain. On continue avec "Washington Is Next!", parfait mélange également d'agressivité et de mélodies, à la différence près que ce sont celles-ci qui dominent cette petite bombe aux relents NWOBHM. "Never walk Alone" nous entraîne ensuite dans la période Youthanasia avec ce refrain qui ne sort plus de la tête et ses soli tout en nuances avant que "United Abominations" ne marque une première pause grâce aux ambiances plus calmes, ses voix parlées et son refrain efficace, digne héritier de Cryptic Writings. Les morceaux suivants défilent avec la même variété et la même ligne directrice. A ce titre, United Abominations est certainement le disque le plus homogène de Megadeth depuis Youthanasia, en partie grâce aux talents conjugués de Jeff Balding et de Andy Sneap qui ont su insuffler au groupe un son vraiment percutant et riche en arrangements.


L'album contient pourtant son lot de surprises avec des titres moins évidents qui demanderont plusieurs écoutes avant de dévoiler toute leur richesse ("Play For Blood" que n'aurait pas renié Pantera, "You're Dead" à l'ambiance malsaine, "Amerikahstan" et ses couplets parlés...). On passera rapidement sur la reprise du classique "A Tout Le Monde" qui n'apporte pas grand chose à l'édifice Megadeth pour saluer la courbe ascendante du groupe qui se dessine depuis Risk. Le seul bémol de ce United Abominations finalement réside sans doute chez les frères Drover, bons excécutants certes, mais qui peinent à imposer leur patte comme le faisaient en leur temps Marty Friedman et Nick Menza. Plus que jamais Dave Mustaine est le seul leader à bord. Puisse-t'il continuer à faire naviguer le vaisseau Megadeth encore loin et, qui sait, vers de nouveaux horizons...

8.5/10



ARSENAL - FULHAM : 3-1 (30 Avril 2007)

Excellent week-end que ce séjour à Londres chez mon frère Julien et son amie Denise. Fans d'Arsenal, nous avons pu assister à la rencontre opposant les gooners à leurs voisins londoniens de Fulham. Le nouveau stade est de toute beauté et l'ambiance bien loin de celle, plus morose, émanant des terrains français. Première mi-temps de très haute volée des gunners conclue uniquement sur le score de 1-0. Privés de Thierry Henry et de Van Persie, les joueurs d'Arsenal peinent à tuer des rencontres qu'ils dominent pourtant en possession et en maîtrise technique. L'égalisation de Fulham contre le cours du jeu fût donc une redite de la saison et semblait présager le pire. Heureusement 2 derniers buts d'Adebayor, auteur d'un grand match (tout comme Gaël Clichy), et de Gilberto sur penalty ont permis à l'équipe d'Arsène Wenger de gagner une partie entièrement dominée.



Equipe:
Lehman - Eboué, Touré, Gallas, Clichy - Fabregas, Gilberto, Diaby, Hleb - Adebayor, Baptista







vendredi 13 avril 2007

La Vie Après SIX FEET UNDER
















DEXTER: Brillant expert judiciaire du service médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan est spécialisé dans l'analyse de prélèvements sanguins. Mais voilà, Dexter cache un terrible secret : il est également tueur en série. Un serial killer pas comme les autres, avec sa propre vision de la justice.


Nouvelle série mettant en scène Michael C. Hall (alias David Fisher dans Six Feet Under), Dexter brise un nouveau tabou en faisant d'un médecin légiste un redoutable serial killer pourchassant uniquement assassins et personnes peu recommandables ayant échappé au système juridique. Croisement improbable entre Se7en et Dix Petits Nègres d'Agatha Christie, Dexter possède un ton à la fois glaçant, cynique, drôle et émouvant. Comme Six Feet Under? Pas faux, à l'exception près que cette fois-ci Michael C. Hall ne se contente pas d'embaumer les cadavres mais en devient le principal fournisseur. Le tour de force de la série est de parvenir à rendre intéressant et attachant ce personnage sombre et torturé pour en faire un véritable (anti?) héros.


On suit donc de près Dexter, médecin légiste dont le passé flou ressurgit à chaque épisode, stigmatisant ainsi ses troubles et ses doutes. Si les affaires criminelles se succèdent assez rapidement au fil de la série, la trame principale repose sur un cas non résolu où un serial killer défie Dexter en faisant preuve d'une intelligence redoutable et d'une connaissance étonnante de la médecine. Acculant Dexter vers ses doutes et faisant ressurgir son passé, le tueur en série trouble sans cesse notre légiste dont la volonté d'être "comme les autres" est sans cesse ébranlée. Partageant sa vie avec une femme "aussi abîmée que lui" selon ses dires, Dexter est entouré de personnages également hauts en couleur, à commencer par sa demi-soeur, elle même travaillant à la crime, ainsi que ses collègues, intrigués par la froideur et l'absence d'émotions chez Dexter.





Michael C. Hall s'en tire vraiment très bien dans ce rôle peu évident et porte véritablement la série sur ses épaules mêmes si les scénaristes (déjà présents pour SFU et Les Soprano, excusez du peu) s'en donnent à coeur joie et semblent bénéficier de toute liberté pour cette série vraiment atypique.


La première saison comprend 12 épisodes, ce qui permet à l'intrigue de se dévoiler sans temps mort ni longueur. Diffusée à partir de mai sur Canal +, Dexter est un "must have" pour tous les fans de séries irrévérencieuses dont Six Feet Under, Dead Like Me ou Nip/Tuck font partie. Une deuxième saison est en préparation (début du tournage début mai) pour une diffusion en septembre.




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THE LOST ROOM: Juste avant de mourir, un jeune homme confie à l'inspecteur Joe Miller la clé d'une chambre de l'hôtel Sunshine, située aux abords de la mythique Route 66. Il ne sait pas encore qu'il vient d'entrer en possession d'un objet puissant et terriblement convoité, ouvrant une porte vers un univers parallèle. Miller, qui s'est lancé à la recherche de sa fille perdue dans cette chambre d'hôtel, devient la proie de tous et de tout ce qui désire son bien le plus précieux : la clé.



Mini-série de 3 épisodes (d'une durée de 90 minutes pour chacun), The Lost Room nous présente cette fois-ci le frère aîné de la famille Fisher (Peter Six Feet Under Krause) dans un autre contexte: le fantastique. Joe Miller enquête sur une sombre affaire qui le voit entrer en possession d'une mystérieuse clé permettant d'accéder à des mondes parallèles jusqu'au moment où sa vie se retrouve en danger et sa fille kidnappée. D'autres objets, d'apparence banale mais dotés d'importants pouvoirs semble pointer vers l'origine du monde et concerner Dieu lui-même.


Sur un pitch pourtant peu original (mondes parallèles), la série surprend par ses rebondissements bien sentis et un scénario qui se dévoile, au final, très prenant et vraiment inventif. Le format permet un rythme haletant et la conclusion, vraiment excellente, permet une ouverture sur une éventuelle suite. Une excellente surprise!



jeudi 5 avril 2007

MAR ADENTRO (2004) de Alejandro Amenabàr

S'emparant d'un sujet aussi brûlant que peut l'être l'euthanasie, Alejandro Amenabàr (Tesis, Les Autres, Ouvre Les Yeux) met en scène Jamon (Javier Bardem), paralysé depuis 28 ans et qui décide de mettre fin à ses jours.

Au-delà de la question éthique évidente qui s'imposait, Amenabàr met les pieds dans le plat et s'empare de tous les thèmes qui peuvent graviter autour d'un sujet aussi grave. Liberté, justice, amour, religion et politique sont traités en large et en travers sans jamais succomber aux effets de pathos faciles. Les dialogues, menés par un Javier Bardem touchant et dont les mots (parlés et écrits) constituent un de ses seuls retranchement dans un monde qu'il ne peut plus maîtriser, interpellent le spectateur à chaque instant.

Au-delà de sa volonté de mourir, Jamon souhaite tout simplement ne pas être jugé par ses pairs dont l'abus d'amour et d'encouragements le plonge paradoxalement davantage dans cette longue et inexorable descente vers la mort. Chaque scène est soutenue par une musique (signée Amenabàr lui-même) et une photo extrêmement soignées, renforçant ainsi l'impact déjà écrasant du film. Car la grande force de Mar Adentro est de laisser le soin au spectateur de se faire sa propre opinion à travers les différents points de vue exposés par les protagonistes, parvenant ainsi à émouvoir tout en faisant réfléchir. A cet égard, les séquences oniriques exprimant les désirs et fantasmes de Jamon sont très certainement les plus marquantes du film car elles dévoilent un sentiment de liberté et de plénitude si cher à Jamon, mais révolu à jamais.

D'une beauté et d'une force éclatantes, Mar Adentro est une perpétuelle ode à la vie. Bouleversant et terrassant!

9/10

BILAN DU FESTIVAL DE DEAUVILLE


Présent deux jours et demi à Deauville pour assister au festival du film asiatique, j'ai pu regader 16 films à travers 3 catégories (compétition, action asia, panorama) dont le dernier film de Park Chan-Wook, présent sur les lieux, Je suis un cyborg.


Des 4 films récompensés, je n'ai pu voir que Dog Bite Dog (2006), un film d'une noirceur abyssale retraçant le parcours d'un tueur à gages Cambodgien en fuite après avoir exécuté un contrat à Hong-Kong. Il s'agissait très certainement du meilleur film d'action présenté au festival. Dans la même catégorie, deux autres films se firent également signaler: Shinobi (2005), film japonais mettant en scène deux familles ninja rompues à l'art ancien du shinobi et Krrish (2006)(présenté dans la catégorie Panorama), improbable film de super-héros indien (si, si, ça existe) de 3 heures à l'humour décalé (assumé?) et reprenant tous les codes du cinéma de Bollywood (comédie musicale, personnages et décors hauts en couleurs, goût pour la surrenchère etc...). Déception en revanche pour Shadowless Sword (2005) de Kim Young-Jun, qui présente les mêmes défauts que son précédent métrage, Bicheonmu (2000), sorte de wu-xia-pian coréen plombé par une abondance de scènes d'action peu originales et par un script archi convenu. Ce fut également l'occasion de revoir l'excellent The City Of Violence (2006) qui témoigne, si besoin il était, de la bonne santé actuelle du cinéma coréen, surtout après les excellents polars que furent Memories Of Murder et A Bittersweet Life. Le pays du Matin Calme nous offrira également une bonne surprise avec The Restless (2006), très bon film fantastique, malgré quelues effets spéciaux un peu "cheap".


Dans la catégorie Panorama, à noter le splendide film d'animation Amer Béton (2006) qui a nécessité une dizaine d'années de travail et qui se distingue par une mise en scène absolument renversante. Le soporifique Before We Fall In Love Again (2006) s'est surtout distingué par son extrême lenteur et un ennui de tous les instants. Mention honorable en revanche à Lost in Beijing (2006) qui nous narre les mésaventures de Ping Guo, masseuse dans un centre de massage des pieds très fréquenté et qui voit son patron abuser d'elle sexuellement. Même chose pour Life Conquers All (2006), un très beau drame qui nous prouve l'émergence de la Malaisie dans le cinéma. A suivre de très près donc. A noter également la sympathique comédie Sumo Hot Pot-Chanko (2006) qui, comme son nom l'indique, fait une incursion du très célèbre sport japonais. L'attraction pricipale fut le tout nouveau film de Park Chan-Wook, I Am A Cyborg But It's OK (2007). Etonnant de voir à quel point le réalisateur Coréen parvient une nouvelle fois à faire preuve d'un perfectionnisme extrême lorsqu'il s'agit de soigner tous les détails techniques d'un film. On retrouve la même rigueur que dans ces précédents métrages (cadrages parfaits, décors minutieux, importance de la musique, mise en scène ingénueuse) alors que cette fois-ci Park s'attaque à un genre plus léger en apparence (la comédie). Le pitch est surprenant (une jeune fille est internée dans un hôpital psychiatrique car persuadée d'être un cyborg) pourtant l'humour, déjà aperçu dans la trilogie de la vengeance, fonctionne parfaitement ici même si le film aurait gagné a être plus court en raison d'un rythme faiblissant lentement mais sûrement vers la fin. Dommage, mais Park Chan-Wook prouve une nouvelle fois qu'il est un réalisateur à suivre de très près, et il est vrai que s'acquitter d'un tel scénario avec brio n'était pas la chose la plus aisée.


Dans la catégorie Compétition, tous mes regards furent tournés vers la dernière production de Takashi Miike (Visitor Q, Dead Or Alive, Ichi The Killer), Big Bang Love, Juvenile A. Malheureusment, à aucun moment je n'ai pu rentrer dans ce film à l'ambiance malsaine et hermétique. Peut-être en raison de la fatigue ou de l'étrangeté du film lui-même. J'attends tout de même de revoir le film dans d'autres conditions que celle d'un festival (véritable marathon de la bobine) afin de me faire un avis définitif sur le métrage. Etrange également que ce Route 225 (2006) qui voit deux enfants rentrer de l'école avant de s'apercevoir que la maison est vide. Malgré quelques longueurs (le thème du monde parallèle tournant rapidement en rond), il n'en restait pas moins un bon divertissement assez original. Enfin, Teeth Of Love (2006) qui retrace le parcours d'une chinoise entre 1977 et 1987, fut le meilleur film que j'ai pu voir dans cette catégorie, même si là encore, je n'ai pu regarder le film qui en fut primé, Syndromes And A Century (2006).

Récompenses:
LOTUS DU MEILLEUR FILM BEST FILM SYNDROMES AND A CENTURYde Apichatpong WEERASETHAKUL (Thaïlande - Thailand)

LOTUS DU JURY JURY PRIZE KING AND THE CLOWN de LEE Jun-ik (Corée du Sud - South Korea)


LOTUS AIR FRANCE CRITICS' PRIZE AD LIB NIGHT de LEE Yoon-ki (Corée du Sud - South Korea)


LOTUS ACTION ASIA BEST ACTION ASIA FILM DOG BITE DOG de Soi CHEANG (Hong Kong)

dimanche 25 mars 2007

FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE


Cette semaine: direction Deauville afin d'assister au festival du film asiatique. Un hommage est rendu a Park Chan-Wook, dont la filmographie est entièrement diffusée. L'occasion de voir son nouveau métrage, I'm a Cyborg... But It's Ok (2007). Plus qu'une curiosité, c'est une véritable excitation qui m'emmène voir ce génial réalisateur dont la trilogie sur la vengeance (avec en point d'orgue le magnifique Oldboy) constitue une expérience sensorielle traumatisante, comme seuls David Lynch (Mulholland Drive) ou Christopher Nolan (Memento) ont su me procurer lors de cette dernière décennie.



Park Chan-Wook:

Né le 23 août 1963 à Séoul en Corée du Sud, Park Chan-wook étudie la philosophie à l'université Sogang où il fonde le ciné-club « Movie Gang » et s'intéresse de près à la théorie du cinéma. Après avoir écrit et réalisé deux films qui n'obtiennent pas le succès escompté, son long métrage « Joint Security Area » bat tous les records d'entrées en Corée du Sud en 2000 et participe à de nombreux festivals internationaux, dont le Festival de Berlin et le Festival du Film Asiatique de Deauville où il remporte le Grand Prix en 2001. L'année suivante, Park Chan-wook entame avec « Sympathy for Mr. Vengeance » une trilogie consacrée à la vengeance. « Old Boy », le deuxième opus de cette trilogie, remporte le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2004. Son troisième volet, « Lady Vengeance », remporte le Lion d'Avenir et le Prix de l'innovation au Festival de Venise 2005. Son septième long métrage, « I'm a Cyborg, But That OK », vient d'être présenté en compétition au Festival de Berlin où il a remporté le Prix Alfred Bauer. Park Chan-wook travaille actuellement sur son prochain film, « Evil Live », qu'il va réaliser et produire.

jeudi 22 mars 2007

300 de Zack Snyder (2007)

Après une attente interminable de près d'un an et encouragé par les critiques américaines dithyrambiques, il allait sans dire que mes espoirs étaient à la hausse pour la sortie de ce film. Espoirs également accrus par la présence de Zack Snyder derrière la caméra, après le remake parfaitement maîtrisé et visuellement superbe du chef d'oeuvre de George Romero: Dawn Of The Dead.

L'histoire de ces 300 spartiates, dirigés par Leonidas et partis à la mort face aux milliers de Perses promettait donc beaucoup sur le papier. Surtout lorsque le matériau de base provient des mains du grand dessinateur Franck Miller, dont l'adaptation de Sin City était époustouflante. Autant le dire tout de suite, 300 est un échec sur tous les tableaux. Esthétiquement, le film s'avère aussi ambitieux que original (décors entièrement en synthèse, travail des couleurs très soigné), mais se trouve plombé par les tics contractés par le réalisateur lors de ses débuts dans le monde du clip (images sans cesse ralenties et accélérées - le gimmick étant utilisé ad nauseum, combats parfois brouillons et à mille lieux d'un Troie) alors qu'ils constituaient la principale réussite artistique de son dernier métrage. Autre déception visuelle: les créatures qui promettaient d'être à la fois menaçantes et impressionnantes n'apparaissent qu'une seule fois à l'écran, peu de temps, et ne sont jamais exploitées, ce qui constitue une terrible désillusion au vu des premières images qui ont filtré autour du métrage.

Malheureusement pour le film, rien n'est à sauver dans le naufrage. 300 est totalement desservi par des acteurs dépourvus de tout charisme. Il suffit de voir Leonidas (sourire en coin figé pendant tout le film) qui se contente de débiter ses lignes de manière théâtrale comme si chaque récit "historique" se doit d'être joué de façon solennelle. Le même traitement est réservé à Xerxes, le roi Perse, et donne au film un côté grotesque vraiment dérangeant.

Le scénario est, quant à lui, cousu de fil blanc. Les deux actes de trahison sont hyper prévisibles et traités pardessus la jambe: la scène où le spartiate difforme se fait évincer par le roi avant de crier vengeance et de maudire ses parents est tout simplement consternante. Le moment où la reine se donne à son ennemi afin d'épargner la vie de son mari lors de son retour alors que celui-ci est parti... à la mort est tout aussi stupide. A ce propos, l'image de la femme est, durant tout le film, absolument déplorable. La soumission dont elle est fait preuve est justifiée, certes, mais sa présentation se limite uniquement au pur objet sexuel (la première scène érotique du film - sous forme d'un ralenti d'une dizaine de secondes - ne nous épargne aucun cliché tandis que dans le camp ennemi elle ne nous est dévoilée que lors de ses plaisirs lesbiens).

Restent alors les batailles. Là également, la déception est terrible puisque les deux premières nous montrent des Spartiates presque invulnérables, aux pertes extrêmement minimes, ôtant tout sentiment de danger et de tension durant la totalité du film, tandis que la troisième et dernière scène, qui promettait un affrontement mémorable et sans merci ne dure... qu'une trentaine de secondes (!!!), la mort frappant tous les vaillants combattants hors champ, le roi y compris. Une surprise de taille, à moins que le DVD nous offre un director's cut digne de son nom mais il est sans doute déjà bien trop tard pour sauver le film. Et ce n'est pas la scène finale, plagiant honteusement Gladiator et ses champs de blés pour la troisième fois (le compositeur Tyler Bates va même jusqu'à réutiliser des choeurs similaires à ceux de Hans Zimmer, alors que son propre score ne décolle jamais vraiment) qui rattrapera quoi que ce soit.

La critique peut paraître très sévère mais il est vraiment difficile de ressentir autre chose que de la frustration après le visionnage de 300. Les propos de Julien Dupuy (Mad Movies) expriment d'ailleurs parfaitement mon ressenti après ces deux heures de spectacle bourrin: Du bodybuilding cinématographique: une fanfaronnade boursouflée, affectée et vaine.

En espérant que Zack Snyder, dont le talent est évident, se rattrape d'urgence lors de son prochain film. Pendant ce temps là, je retourne à Sin City...

5/10