mardi 7 août 2007

TOURNOI EMIRATES STADIUM (28 Juillet 2007)






La première édition du tournoi s'est déroulée les 28 et 29 juillet 2007. Elle a accueilli l'Inter Milan (Italie), le Paris Saint-Germain (France) et Valence CF (Espagne) en plus d'Arsenal. Initialement, le Hambourg SV (Allemagne) devait participer, mais le club, qualifié en Coupe Intertoto, n'a pu prendre part au tournoi et fut remplacé par Valence.

L'édition 2007 a été remportée par l'équipe hôte de la compétition, Arsenal, grâce à deux victoires en deux matchs.

Avec deux buts marqués, le Parisien Péguy Luyindula termine meilleur buteur du tournoi.

(Source Wikipedia)

vendredi 6 juillet 2007

CYNIC à Paris - Le Nouveau Casino (5/07/07)


Après la résurrection de Cynic au Hellfest (premier concert européen post-Focus) il me tardait de voir à nouveau le groupe, surtout dans une salle intimiste comme le Nouveau Casino.

Après quelques problèmes techniques qui retardent l'entrée du groupe sur scène, et qui vont l'handicaper le reste de la soirée, il est surprenant de voir à quel point la salle est composée de fanatiques dont l'enthousiasme et l'excitation a complètement occulté ces quelques difficultés au point d'émouvoir Paul Masvidal qui se fendra même d'une petite glissade avant de s'allonger sur scène, les bras tournés vers le ciel en guise de remerciement. Chose surprenante lorsque l'on connaît son calme toujours imperturbable. Depuis le Hellfest, le groupe joue ce soir 3 morceaux supplémentaires: "Textures", le seul morceau manquant de Focus, "Cosmos" de Portal et surtout la monumentale reprise de "Meeting The Spirits" de Mahavishnu Orchestra. 3 morceaux donc qui s'insèrent parfaitement dans la set-list du groupe et qui montrent surtout que Cynic est avant tout un groupe avant-gardiste porté sur les expérimentations et les ambiances, ce que ne laisse pas toujours transparaître son étiquette, toujours réductrice, de groupe de death-metal technique. L'une des sensations de la soirée fut la montée sur scène de notre Brett national (chanteur de Kalisia, membre du forum de Your Majesty, et ingénieur son de la soirée... ce qui fait beaucoup pour un seul homme!) pour les growls de "Uroboric Forms". On ne saura jamais si ce fut sa passion pour le groupe, sa concentration d'avant-concert pour un tel événement ou bien sa récente conversion à l'hindouisme depuis le Hellfest mais sa joie fut telle que beaucoup de témoins ont cru le voir en lévitation sur scène. Plus sérieusement, sa prestation scénique nous laisse augurer du meilleur pour la prochaine tournée de Kalisia après la sortie, très prochaine on l'espère, de l'album Cybion.

Une soirée et une ambiance assez surréalistes pour un groupe qui l'est tout autant, et surtout un moment inoubliable pour tous les heureux présents ce soir et qui attendent désormais avec une grande impatience la sortie d'un deuxième album, 14 ans après celle de Focus.


PS: Un grand merci à Julien (a.k.a LutinMyung du forum Your Majesty) pour les photos!


Set-List:
Veil Of Maya
Celestial Voyage
The Eagle Nature
Sentiment
I'm But A Wave To...
Evolutionary Sleeper (nouveau titre)
Textures
Uroboric Forms
Cosmos (Portal)
Meeting Of The Spirits (Mahavishnu Orchestra)
Rappel: How Could I












mercredi 4 juillet 2007

LIVE FREE OR DIE HARD de Len Wiseman

Synopsis: Une attaque sur les infrastructures informatique des Etats-Unis va engendrer un début de chaos dans le pays tout entier. Le mystérieux pirate a prévu le moindre détail de son plan numérique, mais n'imaginait pas qu'un grain de sable "analogique" pourrait dérégler la machine : John McClane.


John McClane (Bruce Willis) nous revient 12 ans plus tard pour une nouvelle journée qui ferait passer les aventures de Jack Bauer pour une promenade de santé. Reprenant les ingrédients des films de McTiernan et de Renny Harlin, Len Wiseman (les deux Underworld) signe ici un film d'action dopé à l'adrénaline et porté par le charisme intact de Bruce Willis (les fameux "one-liners" sont toujours de rigueurs). Si la trame de l'histoire reste assez classique, elle s'inscrit tout de même fortement dans une période post 9/11 qui stigmatise ainsi les blessures d'une Amérique toujours profondément marquée par les tristes événements terroristes de 2001.


Force est de constater que Bruce Willis est toujours aussi convaincant dans ce rôle de flic marginal, incapable de gérer sa vie familiale et toujours en marge de ses collègues. Mené tambour battant le film doit ainsi beaucoup à son acteur, une nouvelle fois impérial dans ce rôle musclé. Pourtant, la surprise d'une telle réussite est plutôt à chercher du côté de son réalisateur (deux seuls films à son actif) qui ferait presque oublier le travail impeccable de McTiernan (Die Hard 1 et 3, Predator, Le Treizième Guerrier). Non seulement Wiseman se montre digne de l'héritage de son prédécesseur mais il parvient également à imposer sa propre patte à travers une photographie bleue/noire qui dominait déjà Underworld et qui sied parfaitement à l'univers apocalyptique de Die Hard. Surtout il s'acquitte parfaitement d'un scénario, certes classique (parfois incohérent et cédant même à la facilité), mais qui fait la part belle, et ce n'est pas une surprise, aux scènes d'action. Et là, on peut sans aucune crainte déclarer que Die Hard 4 constitue un nouveau standard dans l'univers des films d'action, comme l'ont fait avant lui John Woo, James Cameron ou... Mc Tiernan dans les années 90. Les séquences les plus folles (dépourvues de toute crédibilité mais tellement spectaculaires) se succèdent sans aucun répit dans une surenchère qui atteindra son paroxysme dans son dernier acte et qui risque de laisser le spectateur sur les rotules devant un tel spectacle.


Un film qui démontre que le mot "blockbuster" n'est pas un gros mot lorsqu'il est ainsi maîtrisé du début à la fin. Merci John McClane!

8/10

mercredi 27 juin 2007

HELLFEST (Clissondu 22 au 24 Juin)

















Cette année le festival du Hellfest proposait un programme imbattable avec des têtes d'affiche telles que Slayer, Megadeth, Dream Theater ou Emperor, une variété de groupes très appréciable et le retour de deux combos floridiens cultes qui nous avaient quittés en 1994: Cynic et Atheist! Un week-end inoubliable donc puisque j'ai eu l'occasion de rencontrer ces deux groupes (Cynic étant même venu chez moi avec leur tour-manager Michael Joffe qui n'est autre qu'un ami Hollandais chez qui j'ai vécu en 2004 à Amsterdam et accessoirement immense fan du groupe). A la demande de Sean Reinert, j'ai pu filmer le concert avec sa caméra, ce qui restera un moment mémorable même si je n'ai pas le recul nécessaire pour évaluer la performance du groupe. Qu'importe, le joie de voir se produire ce groupe (qui jouait un morceau inédit ce jour là - "Evolutionnary Sleeper") restera de toute façon immense. Même remarque pour Atheist, dont c'était le dernier show en Europe. Un concert diminué par un son moyen mais largement compensé par la fougue du groupe et le soutien du public. Tony Choy nous délivre une performance de très haute volée à la basse, bien épaulé par le charisme impressionnant de Kelly Shaeffer.



Dans ces conditions là, il fut presque difficile de se motiver pour les concerts tant attendus de Slayer, Megadeth et Dream Theater. Si les deux premiers se sont montrés plus qu'irréprochables (set-list inattaquable, excellent son, prestation impressionnante), Dream Theater s'est vu handicapé par un son assez moyen et une set-list remodelée pour l'occasion. Si le choix de jouer les morceaux heavy des trois derniers albums semblait justifié, on peut tout de même regretter de n'avoir qu'une facette (la moins intéressante pour moi) du groupe. Une semi-déception donc.




Le festival fut aussi l'occasion de rencontrer enfin certains membres du forum de Your Majesty (Brett, Jérôme et Lutinmyung notamment) et de revoir beaucoup d'amis présents pour l'événement. Un excellent week-end donc en dépit d'une pluie battante et d'une organisation à la peine.




jeudi 21 juin 2007

DEATH PROOF de Quentin Tarantino

Synopsis : C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce TRIO INFERNAL, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike, cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menaçant...

Sorti aux USA avec Planet Terror de son ami Rodriguez sous le nom de Grindhouse, Death Proof débarque en Europe en solo. Il est dommage de constater que le traitement n'est pas le même qu'aux USA où il est (était) fréquent de voir deux films sortir simultanément sur la même affiche ("double bill"), surtout dans les années 60 qui sont la principale source d'inspiration des deux réalisateurs. Renvoyant à cette période qui a vu nombre de nanars émerveiller leurs yeux de teenagers, les bobines de Rodriguez et de Tarantino sont tout simplement un hommage à ces films d'exploitation qui envahissaient alors les drive-in. En attendant de voir Planet Terror, le public européen pourra se consoler avec une version de Death Proof rallongée de 20 minutes (mais amputée des fameuses "fausses" bandes-annonces réalisées par Eli Roth, Rob Zombie, Edgar Wright et Robert Rodriguez).

La première chose qui frappe dans le métrage de Quentin Tarantino est son souci d'authenticité dans le traitement de son film: jump Cut, désynchronisation du son, image abîmée. Le film semble tellement sortir des 60's que l'on croit à un anachronisme lorsqu'une des actrices sort un portable de sa poche. Ce n'est pourtant pas la première fois que Tarantino nous fait le coup (séquences de Kung-Fu dans Kill Bill à l'image granuleuse et aux zooms incessants qui renvoient aux années glorieuses de la Show Brothers) mais cette fois-ci il nous ressort le gimmick pendant toute la durée du film, lui donnant ainsi un certain charme. D'autres éléments de l'univers Tarantinesque sont également présents: hommage à ses films de prédilection, bande-son rock n'roll déjantée et jouissive, clins d'oeil auto-référentiels (dialogues renvoyant à Reservoir Dogs, musique de Kill Bill, etc.) même si la trame de l'histoire reste basique, "slasher" oblige...

Divisé en deux parties distinctes qui voient Stuntman Mike s'attaquer à deux groupes de femmes, Death Proof souffre tout de même de certaines longueurs matérialisées par des dialogues parfois irritants car étirés au maximum. Si cela fonctionne bien dans la première partie du film où l'on s'intéresse de près aux futures victimes, le même traitement devient alors éreintant lorsque s'amorce la seconde partie du film. Il y a d'ailleurs fort à parier que les 20 minutes supplémentaires de la version européenne se situent dans ces longs moments. Pour autant, le film de Tarantino ne déçoit pas tant il transpire l'amour des films B du début à la fin. Une nouvelle fois avec l'ami Quentin, les personnages marquent les esprits (prestation impeccable de Kurt Russel qui nous rappelle ses meilleures heures de sa collaboration avec John Carpenter) et certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes (premier crash dévoilé en autant de caméras que de victimes) le tout dans un esprit fun complètement assumé.

J'attends tout de même avec impatience la sortie DVD de Grindhouse afin de (re)découvrir les deux films dans leur forme originelle. Pour l'heure Tarantino de déçoit pas. Même s'il s'agit d'un film assez mineur dans la filmographie de son auteur, tant par les conditions de tournage (quelques jours) que son budget très limité, Deathproof est un grand moment de jubilation à tous les niveaux.

8/10



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mardi 15 mai 2007

SPIDER-MAN 3 de Sam Raimi (2007)

Nouvelle référence dans le domaine des adaptations de comics (en attendant le prochain Batman, à nouveau dirigé par le brillant Christopher Nolan), la saga des Spider-Man arrivait à un point critique avec le toujours périlleux troisième épisode (exercice bien souvent casse-gueule), d'autant plus que les deux premiers épisodes affichaient un sans faute insolent sur tous les tableaux.

On reprend donc les mêmes et on recommence. Il est d'abord intéressant de constater à quel point Sam Raimi reste fidèle à sa ligne directrice. Le bonhomme avait émerveillé tout son monde, il y a 20 ans, avec Evil Dead II (1987). Univers délirant et mouvements de caméra virtuoses nous révélaient ainsi le génie sans cesse confirmé depuis de ce réalisateur atypique (parcours d'ailleurs semblable à celui de Peter Jackson) ayant fait ses armes avec les non moins géniaux frères Coen. En ce sens, le premier affrontement de Spider-Man et de Harry Osborn nous renvoie presque à l'intégralité de la filmo de Big Sam avec, une nouvelle fois, une mise en scène époustouflante et une utilisation de la caméra absolument renversante, enterrant instantanément la scène du Tramway de Spider-Man 2 qui constituait alors le point d'orgue de la saga en matière d'action.

Sam Raimi affiche ainsi d'entrée ses ambitions (terriblement élevées et presque toujours atteintes) avec ce nouvel épisode. Peter Parker, psychologiquement toujours aussi instable, voit ses difficultés quotidiennes franchir un nouveau pallier: gloire naissante difficile à gérer, nouvelle petite amie, nouveaux rivaux. Les enjeux affectifs et belliqueux s'en trouvent donc décuplés et donnent une force émotionnelle constante au récit... mais font malheureusement apparaître quelques défauts mineurs: facilités scénaristiques (connections entre les personnages pas toujours subtiles et heureuses), symbolisme inutile (ah, ce drapeau américain flottant dans le dos de notre héros!) et personnages pas toujours assez approfondis (Venom en tête). Certains ajouteront à la liste quelques gags farfelus qui amuseront certainement les fans de Raimi (caméo de Bruce Campbell hilarante, scène de la danse digne de The Mask...) mais qui énerveront sans doute le spectateur lambda. A flirter ainsi près d'une ligne directrice aussi dangereuse et habité par une folie permanente, Sam Raimi ne fera sans doute pas que des heureux auprès des spectateurs mais assume sans cesse ses choix (risqués lorsque l'on adapte une telle B.D.) tout au long du film avec une détermination qui force le respect.


Pour autant, Spider-Man 3 remplit aisément son cahier des charges, porté par l'enthousiasme (parfois candide, toujours sincère) de son héros et de son réalisateur et s'impose comme le meilleur épisode de la saga. Aussi bien sur les plans visuels et émotionnels le film atteint de véritables sommets malgré des partis pris ô combien risqués de la part de son auteur et rend l'attente des nouveaux Batman (The Dark Knight) et Hellboy (The Golden Army) encore plus insoutenable.


8.5/10

NB: A noter l'excellente utilisation du morceau "I'm Through With Love" dans le générique de fin, déjà entendu dans Everyone Says I Love You de Woody Allen.

jeudi 3 mai 2007

SADIST - Sadist (2007)

Bonnes nouvelles pour les fans de death-metal technique: après les retours confirmés de Cynic et Atheist, les italiens de Sadist nous reviennent avec le line-up reponsable du petit chef-d'oeuvre Tribe (1996). Le combo en a fini avec les expérimentations hasardeuses (Crust) et dangereuses (Lego) pour revenir à la musique des débuts.

Dès le départ ("Jigrati" et ses percussions tribales) le groupe nous replonge avec délectation dans son glorieux passé: le style et le son (qui aurait gagné à être plus étoffé) sont inchangés et les riffs "Pestilenciens" abondent toujours ("One Thousand Memories", "Tearing Away"), le tout saupoudré de claviers aux sonorités si identifiables et de soli aériens qui nous rappellent que la grande force de Sadist demeure surtout dans ses ambiances exotiques particulières (le planant "Kopto", magnifique instrumental aux accents jazzy). La qualité constante des compositions et la richesse des idées font de ce Sadist un album en tout point réussi (ce qui n'était pas gagné d'avance au vu de la musique atypique du groupe et de son passé lointain) et certainement une de sorties majeures de 2007.

L'album se révèle être surtout une parfaite suite à Tribe tant le groupe continue d'explorer des territoires musicaux aussi peu défrichés que ces forêts vierges qu'évoque continuellement leur musique. Plus qu'un retour en arrière, il s'agit là d'un véritable retour en force, aussi jouissif qu'inespéré.


8/10

MEGADETH - United Abominations (2007)

Depuis le retour de Megadeth en 2004 et fort d'un excellent album (The System Has Failed), Dave Mustaine comptait capitaliser le succès du groupe avec un nouvel album.

Comme pour Cryptic Writings, The World Needs A Hero ou The System Has Failed, le chanteur-guitariste semble avoir trouvé une formule idéale en mélangeant les influences thrash des premiers albums aux mélodies travaillées des disques suivants (Countdown To Extinction, Youthanasia).

Le morceau d'ouverture, l'excellent "Sleepwalker", annonce d'entrée la couleur avec ses riffs acérés et ses rythmiques endiablées qui ne sont pas sans rappeler "Blackmail The Universe". L'accent est tout de même mis sur le chant comme le démontre cet imparable refrain. On continue avec "Washington Is Next!", parfait mélange également d'agressivité et de mélodies, à la différence près que ce sont celles-ci qui dominent cette petite bombe aux relents NWOBHM. "Never walk Alone" nous entraîne ensuite dans la période Youthanasia avec ce refrain qui ne sort plus de la tête et ses soli tout en nuances avant que "United Abominations" ne marque une première pause grâce aux ambiances plus calmes, ses voix parlées et son refrain efficace, digne héritier de Cryptic Writings. Les morceaux suivants défilent avec la même variété et la même ligne directrice. A ce titre, United Abominations est certainement le disque le plus homogène de Megadeth depuis Youthanasia, en partie grâce aux talents conjugués de Jeff Balding et de Andy Sneap qui ont su insuffler au groupe un son vraiment percutant et riche en arrangements.


L'album contient pourtant son lot de surprises avec des titres moins évidents qui demanderont plusieurs écoutes avant de dévoiler toute leur richesse ("Play For Blood" que n'aurait pas renié Pantera, "You're Dead" à l'ambiance malsaine, "Amerikahstan" et ses couplets parlés...). On passera rapidement sur la reprise du classique "A Tout Le Monde" qui n'apporte pas grand chose à l'édifice Megadeth pour saluer la courbe ascendante du groupe qui se dessine depuis Risk. Le seul bémol de ce United Abominations finalement réside sans doute chez les frères Drover, bons excécutants certes, mais qui peinent à imposer leur patte comme le faisaient en leur temps Marty Friedman et Nick Menza. Plus que jamais Dave Mustaine est le seul leader à bord. Puisse-t'il continuer à faire naviguer le vaisseau Megadeth encore loin et, qui sait, vers de nouveaux horizons...

8.5/10



ARSENAL - FULHAM : 3-1 (30 Avril 2007)

Excellent week-end que ce séjour à Londres chez mon frère Julien et son amie Denise. Fans d'Arsenal, nous avons pu assister à la rencontre opposant les gooners à leurs voisins londoniens de Fulham. Le nouveau stade est de toute beauté et l'ambiance bien loin de celle, plus morose, émanant des terrains français. Première mi-temps de très haute volée des gunners conclue uniquement sur le score de 1-0. Privés de Thierry Henry et de Van Persie, les joueurs d'Arsenal peinent à tuer des rencontres qu'ils dominent pourtant en possession et en maîtrise technique. L'égalisation de Fulham contre le cours du jeu fût donc une redite de la saison et semblait présager le pire. Heureusement 2 derniers buts d'Adebayor, auteur d'un grand match (tout comme Gaël Clichy), et de Gilberto sur penalty ont permis à l'équipe d'Arsène Wenger de gagner une partie entièrement dominée.



Equipe:
Lehman - Eboué, Touré, Gallas, Clichy - Fabregas, Gilberto, Diaby, Hleb - Adebayor, Baptista







vendredi 13 avril 2007

La Vie Après SIX FEET UNDER
















DEXTER: Brillant expert judiciaire du service médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan est spécialisé dans l'analyse de prélèvements sanguins. Mais voilà, Dexter cache un terrible secret : il est également tueur en série. Un serial killer pas comme les autres, avec sa propre vision de la justice.


Nouvelle série mettant en scène Michael C. Hall (alias David Fisher dans Six Feet Under), Dexter brise un nouveau tabou en faisant d'un médecin légiste un redoutable serial killer pourchassant uniquement assassins et personnes peu recommandables ayant échappé au système juridique. Croisement improbable entre Se7en et Dix Petits Nègres d'Agatha Christie, Dexter possède un ton à la fois glaçant, cynique, drôle et émouvant. Comme Six Feet Under? Pas faux, à l'exception près que cette fois-ci Michael C. Hall ne se contente pas d'embaumer les cadavres mais en devient le principal fournisseur. Le tour de force de la série est de parvenir à rendre intéressant et attachant ce personnage sombre et torturé pour en faire un véritable (anti?) héros.


On suit donc de près Dexter, médecin légiste dont le passé flou ressurgit à chaque épisode, stigmatisant ainsi ses troubles et ses doutes. Si les affaires criminelles se succèdent assez rapidement au fil de la série, la trame principale repose sur un cas non résolu où un serial killer défie Dexter en faisant preuve d'une intelligence redoutable et d'une connaissance étonnante de la médecine. Acculant Dexter vers ses doutes et faisant ressurgir son passé, le tueur en série trouble sans cesse notre légiste dont la volonté d'être "comme les autres" est sans cesse ébranlée. Partageant sa vie avec une femme "aussi abîmée que lui" selon ses dires, Dexter est entouré de personnages également hauts en couleur, à commencer par sa demi-soeur, elle même travaillant à la crime, ainsi que ses collègues, intrigués par la froideur et l'absence d'émotions chez Dexter.





Michael C. Hall s'en tire vraiment très bien dans ce rôle peu évident et porte véritablement la série sur ses épaules mêmes si les scénaristes (déjà présents pour SFU et Les Soprano, excusez du peu) s'en donnent à coeur joie et semblent bénéficier de toute liberté pour cette série vraiment atypique.


La première saison comprend 12 épisodes, ce qui permet à l'intrigue de se dévoiler sans temps mort ni longueur. Diffusée à partir de mai sur Canal +, Dexter est un "must have" pour tous les fans de séries irrévérencieuses dont Six Feet Under, Dead Like Me ou Nip/Tuck font partie. Une deuxième saison est en préparation (début du tournage début mai) pour une diffusion en septembre.




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THE LOST ROOM: Juste avant de mourir, un jeune homme confie à l'inspecteur Joe Miller la clé d'une chambre de l'hôtel Sunshine, située aux abords de la mythique Route 66. Il ne sait pas encore qu'il vient d'entrer en possession d'un objet puissant et terriblement convoité, ouvrant une porte vers un univers parallèle. Miller, qui s'est lancé à la recherche de sa fille perdue dans cette chambre d'hôtel, devient la proie de tous et de tout ce qui désire son bien le plus précieux : la clé.



Mini-série de 3 épisodes (d'une durée de 90 minutes pour chacun), The Lost Room nous présente cette fois-ci le frère aîné de la famille Fisher (Peter Six Feet Under Krause) dans un autre contexte: le fantastique. Joe Miller enquête sur une sombre affaire qui le voit entrer en possession d'une mystérieuse clé permettant d'accéder à des mondes parallèles jusqu'au moment où sa vie se retrouve en danger et sa fille kidnappée. D'autres objets, d'apparence banale mais dotés d'importants pouvoirs semble pointer vers l'origine du monde et concerner Dieu lui-même.


Sur un pitch pourtant peu original (mondes parallèles), la série surprend par ses rebondissements bien sentis et un scénario qui se dévoile, au final, très prenant et vraiment inventif. Le format permet un rythme haletant et la conclusion, vraiment excellente, permet une ouverture sur une éventuelle suite. Une excellente surprise!



jeudi 5 avril 2007

MAR ADENTRO (2004) de Alejandro Amenabàr

S'emparant d'un sujet aussi brûlant que peut l'être l'euthanasie, Alejandro Amenabàr (Tesis, Les Autres, Ouvre Les Yeux) met en scène Jamon (Javier Bardem), paralysé depuis 28 ans et qui décide de mettre fin à ses jours.

Au-delà de la question éthique évidente qui s'imposait, Amenabàr met les pieds dans le plat et s'empare de tous les thèmes qui peuvent graviter autour d'un sujet aussi grave. Liberté, justice, amour, religion et politique sont traités en large et en travers sans jamais succomber aux effets de pathos faciles. Les dialogues, menés par un Javier Bardem touchant et dont les mots (parlés et écrits) constituent un de ses seuls retranchement dans un monde qu'il ne peut plus maîtriser, interpellent le spectateur à chaque instant.

Au-delà de sa volonté de mourir, Jamon souhaite tout simplement ne pas être jugé par ses pairs dont l'abus d'amour et d'encouragements le plonge paradoxalement davantage dans cette longue et inexorable descente vers la mort. Chaque scène est soutenue par une musique (signée Amenabàr lui-même) et une photo extrêmement soignées, renforçant ainsi l'impact déjà écrasant du film. Car la grande force de Mar Adentro est de laisser le soin au spectateur de se faire sa propre opinion à travers les différents points de vue exposés par les protagonistes, parvenant ainsi à émouvoir tout en faisant réfléchir. A cet égard, les séquences oniriques exprimant les désirs et fantasmes de Jamon sont très certainement les plus marquantes du film car elles dévoilent un sentiment de liberté et de plénitude si cher à Jamon, mais révolu à jamais.

D'une beauté et d'une force éclatantes, Mar Adentro est une perpétuelle ode à la vie. Bouleversant et terrassant!

9/10

BILAN DU FESTIVAL DE DEAUVILLE


Présent deux jours et demi à Deauville pour assister au festival du film asiatique, j'ai pu regader 16 films à travers 3 catégories (compétition, action asia, panorama) dont le dernier film de Park Chan-Wook, présent sur les lieux, Je suis un cyborg.


Des 4 films récompensés, je n'ai pu voir que Dog Bite Dog (2006), un film d'une noirceur abyssale retraçant le parcours d'un tueur à gages Cambodgien en fuite après avoir exécuté un contrat à Hong-Kong. Il s'agissait très certainement du meilleur film d'action présenté au festival. Dans la même catégorie, deux autres films se firent également signaler: Shinobi (2005), film japonais mettant en scène deux familles ninja rompues à l'art ancien du shinobi et Krrish (2006)(présenté dans la catégorie Panorama), improbable film de super-héros indien (si, si, ça existe) de 3 heures à l'humour décalé (assumé?) et reprenant tous les codes du cinéma de Bollywood (comédie musicale, personnages et décors hauts en couleurs, goût pour la surrenchère etc...). Déception en revanche pour Shadowless Sword (2005) de Kim Young-Jun, qui présente les mêmes défauts que son précédent métrage, Bicheonmu (2000), sorte de wu-xia-pian coréen plombé par une abondance de scènes d'action peu originales et par un script archi convenu. Ce fut également l'occasion de revoir l'excellent The City Of Violence (2006) qui témoigne, si besoin il était, de la bonne santé actuelle du cinéma coréen, surtout après les excellents polars que furent Memories Of Murder et A Bittersweet Life. Le pays du Matin Calme nous offrira également une bonne surprise avec The Restless (2006), très bon film fantastique, malgré quelues effets spéciaux un peu "cheap".


Dans la catégorie Panorama, à noter le splendide film d'animation Amer Béton (2006) qui a nécessité une dizaine d'années de travail et qui se distingue par une mise en scène absolument renversante. Le soporifique Before We Fall In Love Again (2006) s'est surtout distingué par son extrême lenteur et un ennui de tous les instants. Mention honorable en revanche à Lost in Beijing (2006) qui nous narre les mésaventures de Ping Guo, masseuse dans un centre de massage des pieds très fréquenté et qui voit son patron abuser d'elle sexuellement. Même chose pour Life Conquers All (2006), un très beau drame qui nous prouve l'émergence de la Malaisie dans le cinéma. A suivre de très près donc. A noter également la sympathique comédie Sumo Hot Pot-Chanko (2006) qui, comme son nom l'indique, fait une incursion du très célèbre sport japonais. L'attraction pricipale fut le tout nouveau film de Park Chan-Wook, I Am A Cyborg But It's OK (2007). Etonnant de voir à quel point le réalisateur Coréen parvient une nouvelle fois à faire preuve d'un perfectionnisme extrême lorsqu'il s'agit de soigner tous les détails techniques d'un film. On retrouve la même rigueur que dans ces précédents métrages (cadrages parfaits, décors minutieux, importance de la musique, mise en scène ingénueuse) alors que cette fois-ci Park s'attaque à un genre plus léger en apparence (la comédie). Le pitch est surprenant (une jeune fille est internée dans un hôpital psychiatrique car persuadée d'être un cyborg) pourtant l'humour, déjà aperçu dans la trilogie de la vengeance, fonctionne parfaitement ici même si le film aurait gagné a être plus court en raison d'un rythme faiblissant lentement mais sûrement vers la fin. Dommage, mais Park Chan-Wook prouve une nouvelle fois qu'il est un réalisateur à suivre de très près, et il est vrai que s'acquitter d'un tel scénario avec brio n'était pas la chose la plus aisée.


Dans la catégorie Compétition, tous mes regards furent tournés vers la dernière production de Takashi Miike (Visitor Q, Dead Or Alive, Ichi The Killer), Big Bang Love, Juvenile A. Malheureusment, à aucun moment je n'ai pu rentrer dans ce film à l'ambiance malsaine et hermétique. Peut-être en raison de la fatigue ou de l'étrangeté du film lui-même. J'attends tout de même de revoir le film dans d'autres conditions que celle d'un festival (véritable marathon de la bobine) afin de me faire un avis définitif sur le métrage. Etrange également que ce Route 225 (2006) qui voit deux enfants rentrer de l'école avant de s'apercevoir que la maison est vide. Malgré quelques longueurs (le thème du monde parallèle tournant rapidement en rond), il n'en restait pas moins un bon divertissement assez original. Enfin, Teeth Of Love (2006) qui retrace le parcours d'une chinoise entre 1977 et 1987, fut le meilleur film que j'ai pu voir dans cette catégorie, même si là encore, je n'ai pu regarder le film qui en fut primé, Syndromes And A Century (2006).

Récompenses:
LOTUS DU MEILLEUR FILM BEST FILM SYNDROMES AND A CENTURYde Apichatpong WEERASETHAKUL (Thaïlande - Thailand)

LOTUS DU JURY JURY PRIZE KING AND THE CLOWN de LEE Jun-ik (Corée du Sud - South Korea)


LOTUS AIR FRANCE CRITICS' PRIZE AD LIB NIGHT de LEE Yoon-ki (Corée du Sud - South Korea)


LOTUS ACTION ASIA BEST ACTION ASIA FILM DOG BITE DOG de Soi CHEANG (Hong Kong)

dimanche 25 mars 2007

FESTIVAL DU FILM ASIATIQUE DE DEAUVILLE


Cette semaine: direction Deauville afin d'assister au festival du film asiatique. Un hommage est rendu a Park Chan-Wook, dont la filmographie est entièrement diffusée. L'occasion de voir son nouveau métrage, I'm a Cyborg... But It's Ok (2007). Plus qu'une curiosité, c'est une véritable excitation qui m'emmène voir ce génial réalisateur dont la trilogie sur la vengeance (avec en point d'orgue le magnifique Oldboy) constitue une expérience sensorielle traumatisante, comme seuls David Lynch (Mulholland Drive) ou Christopher Nolan (Memento) ont su me procurer lors de cette dernière décennie.



Park Chan-Wook:

Né le 23 août 1963 à Séoul en Corée du Sud, Park Chan-wook étudie la philosophie à l'université Sogang où il fonde le ciné-club « Movie Gang » et s'intéresse de près à la théorie du cinéma. Après avoir écrit et réalisé deux films qui n'obtiennent pas le succès escompté, son long métrage « Joint Security Area » bat tous les records d'entrées en Corée du Sud en 2000 et participe à de nombreux festivals internationaux, dont le Festival de Berlin et le Festival du Film Asiatique de Deauville où il remporte le Grand Prix en 2001. L'année suivante, Park Chan-wook entame avec « Sympathy for Mr. Vengeance » une trilogie consacrée à la vengeance. « Old Boy », le deuxième opus de cette trilogie, remporte le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2004. Son troisième volet, « Lady Vengeance », remporte le Lion d'Avenir et le Prix de l'innovation au Festival de Venise 2005. Son septième long métrage, « I'm a Cyborg, But That OK », vient d'être présenté en compétition au Festival de Berlin où il a remporté le Prix Alfred Bauer. Park Chan-wook travaille actuellement sur son prochain film, « Evil Live », qu'il va réaliser et produire.

jeudi 22 mars 2007

300 de Zack Snyder (2007)

Après une attente interminable de près d'un an et encouragé par les critiques américaines dithyrambiques, il allait sans dire que mes espoirs étaient à la hausse pour la sortie de ce film. Espoirs également accrus par la présence de Zack Snyder derrière la caméra, après le remake parfaitement maîtrisé et visuellement superbe du chef d'oeuvre de George Romero: Dawn Of The Dead.

L'histoire de ces 300 spartiates, dirigés par Leonidas et partis à la mort face aux milliers de Perses promettait donc beaucoup sur le papier. Surtout lorsque le matériau de base provient des mains du grand dessinateur Franck Miller, dont l'adaptation de Sin City était époustouflante. Autant le dire tout de suite, 300 est un échec sur tous les tableaux. Esthétiquement, le film s'avère aussi ambitieux que original (décors entièrement en synthèse, travail des couleurs très soigné), mais se trouve plombé par les tics contractés par le réalisateur lors de ses débuts dans le monde du clip (images sans cesse ralenties et accélérées - le gimmick étant utilisé ad nauseum, combats parfois brouillons et à mille lieux d'un Troie) alors qu'ils constituaient la principale réussite artistique de son dernier métrage. Autre déception visuelle: les créatures qui promettaient d'être à la fois menaçantes et impressionnantes n'apparaissent qu'une seule fois à l'écran, peu de temps, et ne sont jamais exploitées, ce qui constitue une terrible désillusion au vu des premières images qui ont filtré autour du métrage.

Malheureusement pour le film, rien n'est à sauver dans le naufrage. 300 est totalement desservi par des acteurs dépourvus de tout charisme. Il suffit de voir Leonidas (sourire en coin figé pendant tout le film) qui se contente de débiter ses lignes de manière théâtrale comme si chaque récit "historique" se doit d'être joué de façon solennelle. Le même traitement est réservé à Xerxes, le roi Perse, et donne au film un côté grotesque vraiment dérangeant.

Le scénario est, quant à lui, cousu de fil blanc. Les deux actes de trahison sont hyper prévisibles et traités pardessus la jambe: la scène où le spartiate difforme se fait évincer par le roi avant de crier vengeance et de maudire ses parents est tout simplement consternante. Le moment où la reine se donne à son ennemi afin d'épargner la vie de son mari lors de son retour alors que celui-ci est parti... à la mort est tout aussi stupide. A ce propos, l'image de la femme est, durant tout le film, absolument déplorable. La soumission dont elle est fait preuve est justifiée, certes, mais sa présentation se limite uniquement au pur objet sexuel (la première scène érotique du film - sous forme d'un ralenti d'une dizaine de secondes - ne nous épargne aucun cliché tandis que dans le camp ennemi elle ne nous est dévoilée que lors de ses plaisirs lesbiens).

Restent alors les batailles. Là également, la déception est terrible puisque les deux premières nous montrent des Spartiates presque invulnérables, aux pertes extrêmement minimes, ôtant tout sentiment de danger et de tension durant la totalité du film, tandis que la troisième et dernière scène, qui promettait un affrontement mémorable et sans merci ne dure... qu'une trentaine de secondes (!!!), la mort frappant tous les vaillants combattants hors champ, le roi y compris. Une surprise de taille, à moins que le DVD nous offre un director's cut digne de son nom mais il est sans doute déjà bien trop tard pour sauver le film. Et ce n'est pas la scène finale, plagiant honteusement Gladiator et ses champs de blés pour la troisième fois (le compositeur Tyler Bates va même jusqu'à réutiliser des choeurs similaires à ceux de Hans Zimmer, alors que son propre score ne décolle jamais vraiment) qui rattrapera quoi que ce soit.

La critique peut paraître très sévère mais il est vraiment difficile de ressentir autre chose que de la frustration après le visionnage de 300. Les propos de Julien Dupuy (Mad Movies) expriment d'ailleurs parfaitement mon ressenti après ces deux heures de spectacle bourrin: Du bodybuilding cinématographique: une fanfaronnade boursouflée, affectée et vaine.

En espérant que Zack Snyder, dont le talent est évident, se rattrape d'urgence lors de son prochain film. Pendant ce temps là, je retourne à Sin City...

5/10

dimanche 18 mars 2007

LA CITE INTERDITE de Zhang Yimou (2006)

Le cinéma est décidément un milieu peuplé d'escrocs. Tandis qu'un Michael Bay réussit l'exploit de dévoiler le contenu de ses métrages dans une simple bande-annonce, Zhang Yimou est capable de vous refourguer une 205 rouge en vous faisant croire qu'il s'agit d'une Ferrari Testarossa. A y regarder de plus près, ses deux derniers Wu Xian Pian bien qu'handicapés par un propos douteux ( Hero qui glorifie la tyrannie de l'empereur sur un script grugeant allègrement le Rashomon de Akira Kurosawa) ou un scénario anémique ( Le Secret des poignards Volants qui prend souvent la pose), parvenaient tout de même à émerveiller le spectateur grâce à ses couleurs flamboyantes, ses combats parfaitement corégraphiés, ses costumes grandioses, un score magnifique et une photo ultra esthétique capable de rendre la vue à n'importe quel joueur du PSG. D'une certaine façon, la forme (impressionnante) faisait amplement oublier le fond (quasi inexistant).

Avec La Cité Interdite, le réalisateur chinois continue sur sa lancée (amorcée par Ang Lee en 1999 avec Tigre et Dragon dont la réussite artistique était totale sur tous les tableaux), avec cette fois-ci, l'optique de rendre le contenu aussi beau que l'emballage. Les premières images du film confirment pourtant qu'en matière d'orfèvrerie Zhang Yimou est décidément plus à l'aise avec la confection de l'écrin qu'avec celle du joyau supposé y être contenu. Certaines longueurs se font rapidement sentir, le scénario peine à se dessiner malgré une histoire plutôt convenue (bien qu'intéressante) tandis que les acteurs semblent s'ennuyer autant que le spectateur, a l'exception d'une Gong Li (Mémoires d'une Geisha, Miami Vice) à nouveau impeccable. L'époque d'Epouses Et Concubines semble alors bien loin pour son auteur malgré des intentions louables et une volonté de dynamiser son film avec une première scène d'action pourtant aussi vaine que inapropriée malgré ses qualités chorégraphiques indéniables.

Heureusement, après une première partie plutôt soporifique le ton du film change radicalement lorsque les sous-intrigues, rapidement prévisibles, apparaissent en même temps qu'une scène d'action tout bonnement ébouriffante. Cette attaque nocturne portée a partir des montagnes est à couper le souffle autant dans sa réalisation (hyper dynamique et, chose peu commune dans le genre, très originale) que dans sa tension étouffante. Et le film de commencer alors à nous montrer ce que sait faire de mieux Zhang Yimou: soin esthétique exacerbé, personnages maudits tout droit sortis d'une tragédie grecque, le tout aspiré par un souffle épique ravageur. Et ce, jusqu'à ce final étourdissant et oppressant qui emprunte autant à ses derniers films qu'à Les Deux Tours du maître-étalon en la matière, Peter Jackson (l'ombre du "Gouffre de Helm" se faisant sans cesse sentir).

On arrive alors à pardonner volontiers au réalisateur le démarrage laborieux de son film et ne retenir que la force émotionnelle et incoercible de ces dernières images renversantes. Car au final, Zhang Yimou apporte enfin ce qui manquait cruellement a Hero et au Secret Des Poignards Volants: une âme et de l'émotion.

8/10